Disclose : divulguer

« Disclose », le nouveau média d’investigation en quête de mécènes

Le site fera appel à des journalistes indépendants et à des médias partenaires.

Pour chaque enquête, ce comité composera une équipe de journalistes indépendants, choisis selon leur spécialisation. Ils pourront être épaulés par des enquêteurs dépêchés par un réseau de médias partenaires. Car Disclose (« divulguer » en anglais) fait le pari du journalisme collaboratif, une pratique popularisée par les scandales d’évasion fiscale révélés par le consortium international de journalistes d’investigation ICIJ (LuxLeaks, Panama Papers, Paradise Papers…).

https://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2018/11/10/disclose-le-nouveau-media-d-investigation-en-quete-de-mecenes_5381744_3236.html

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Hypocrisie au Parlement Européen

Un texte de Ricardo Gutierrez, (Fédération européenne des Journalistes):

Attention! Démonstration potentielle d’hypocrisie de haut vol, ce mardi, à la séance plénière du Parlement européen, à Strasbourg.

À midi, l’ensemble des eurodéputés, la mine grave, observeront une minute de silence en hommage à la journaliste d’investigation assassinée #DaphneCaruanaGalizia.

Bravo!

Cela n’empêchera vraisemblablement pas une bonne part de ces élus, notamment au sein du groupe populaire (PPE) et du groupe libéral (ALDE), quelques heures plus tard, de refuser une pleine protection aux lanceurs d’alerte!

Sous la pression des milieux d’affaires, le PPE refuserait d’accorder la protection légale attendue aux lanceurs d’alerte qui s’adressent directement à la presse, sans recourir d’abord aux voies internes de dénonciation des scandales.Qu’on ne s’y trompe pas: le modèle défendu par le PPE et l’organisation patronale Business Europe n’a qu’un objectif: dissuader les lanceurs d’alerte de parler, en les exposant aux représailles de leurs employeurs.

Il serait proprement scandaleux de promouvoir ces restrictions honteuses après avoir rendu hommage à la figure de Daphne Caruana Galizia. Comme tous les journalistes d’investigation, comme toutes les organisations de journalistes, comme les 320.000 journalistes représentés par la FEJ en Europe, Daphne défendait l’option d’une protection maximale des lanceurs d’alerte, sans restrictions dissuasives. Car il ne peut y avoir de journalisme d’investigation incisif sans protection intégrale des lanceurs d’alerte.

J’ose espérer que celles et ceux qui voteront une protection des lanceurs d’alerte au rabais auront la décence de quitter l’hémicycle au moment de la minute de silence en hommage à notre chère consoeur.

Elle ne mérite pas cette hypocrisie.